ZAD, vous avez dit ZAD ?


Le 26 mars 2019 | Mise en ligne : Lydia Magnoni
Auteur : Céline Teret

ZAD ? Zadistes ? Mais qu’est-ce que c’est ? Cela a un rapport avec l’environnement et la démocratie. C’est une forme de résistance qui se développe depuis quelques années. En France surtout. En Belgique, aussi, entre autres, avec ce slogan slogan phrase courte et frappante pour défendre une idée, une opinion. "Ni prison, ni béton, des chicons !"


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ZAD… Ce n’est ni le nom d’un personnage de bande dessinée, ni un nom de code des services de renseignements. ZAD, c’est l’abéviation de Zone à Défendre. Par exemple, on défend un terrain, des champs, une réserve naturelle menacés par un projet commeconstruire un aéroport, une prison, un barrage…
Ces grands projets d’aménagement détruisent l’environnement local, la biodiversité, l’activité agricole existante. Ils coûtent aussi souvent très cher. Des citoyens s’opposent à ces projets et veulent préserver ces espaces menacés. Pour résister, ils s’installent sur cette ZAD et n’en bougent plus.

Les Zadistes

Ces militants particuliers, ce sont les « zadistes ». Certains vivaient déjà dans la zone menacée ou aux alentours. D’autres viennent s’y installer pour aider ceux qui contestent. Ils y installent leur tente ou caravane. Ils construisent parfois aussi des petites habitations avec du matériel de récupération.
Dans certaines ZAD, des potagers, des projets naturels d’agriculture ou d’élevage se développent. Ces endroits deviennent de véritables espaces de vie et de discussion. Les zadistes organisent des assemblées générales pour échanger et prendre des décisions. Ils construisent leurs actions et leur lutte ensemble.

En France, de Notre-Dame-des-Landes à Sivens

L’une des ZAD les plus connues est la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en France. Les autorités françaises voulaient construire un aéroport sur une zone de 1 600 hectares. En 2008, des militants s’installent sur ces terres pour s’y opposer. Ils veulent ainsi sauvegarder les terres agricoles et les zones humides qui allaient disparaître à cause de ce vaste projet.
Grâce à ce mouvement bien relayé dans les médias, le projet d’aéroport a finalement été abandonné. Mais au printemps 2018, les gendarmes ont fait évacuer les lieux de force et des bulldozers ont détruit la plupart des habitations. Pourtant, aujourd’hui, des zadistes y habitent encore et veulent continuer à utiliser les terres agricoles.

D’autres ZAD

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes est la première en France. Elle a inspiré d’autres mouvements de lutte ailleurs.
La ZAD de Sivens est une autre ZAD française bien connue. De 2013 à 2015, les militants se sont opposés au projet de construction d’un grand barrage. Là aussi, les zadistes voulaient montrer qu’il était important de protéger l’environnement local. Lors d’affrontements avec des gendarmes, un jeune écologiste, Rémi Fraisse, a été tué. Le projet de barrage a finalement été abandonné et la ZAD évacuée.
Il y a encore plusieurs autres ZAD en France. La ZAD de Bure, par exemple, s’oppose à un projet de stockage de déchets nucléaires à 500 mètres sous terre. Un projet de création d’une ligne à grande vitesse pour le passage de trains entre Lyon et Turin est lui aussi contesté. Certains militants se sont installés sur le chantier.

En Belgique, la ZAD de Keelbeek

En Belgique, les militants de la ZAD de Keelbeek, à Bruxelles-Haren, s’opposent depuis 2014 à un projet de construction d’une énorme prison sur le site du Keelbeek. Ce site naturel est la dernière zone verte du nord de Bruxelles. Or, les 8 bâtiments de la future prison viendraient tout détruire. Les militants veulent conserver cette zone naturelle et sa biodiversité. Leur slogan slogan phrase courte et frappante pour défendre une idée, une opinion.  « Des chicons, pas des prisons ! « Cela montre qu’ils veulent garder les terres pour l’agriculture plutôt que d’y construire des endroits où enfermer des gens. « On lutte contre la construction de la méga prison de Bruxelles-Haren, oui, mais plus largement, c’est pour un monde sans enfermement de masse qu’on milite, expliquent les zadistes. L’enfermement de masse est une punition mal adaptée qui crée actuellement plus de 50% de récidives en Belgique. Les grands projets inutiles, contreproductifs, nuisibles à la communauté et dévastateurs pour la nature font également partie des dérives que nous dénonçons et contre lesquelles nous luttons. »
Après un premier campement détruit par les autorités, des militants se sont réinstallés au Keelbeek. Ensemble, ils construisent leur lutte, mettent en place des actions de désobéissance civile (lire article à ce sujet), organisent des événements. Comme le« Festival anti-carcéral », du 22 au 27 mars 2019. Au programme : concerts, expos, conférences, projections, débats, ateliers et promenades. Pour faire connaître cette lutte le plus largement possible et éveiller d’autres consciences citoyennes.

Une vidéo pour en savoir plus sur les ZAD

Et des infos sur la ZAD de Keelbeek-Haren


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