On n’enferme pas un enfant. POINT.

Thierry Verhoeven

 Cahiers  Partir quand même...
Le 26 juin 2017 | Mise en ligne : Lydia Magnoni

Le 20 juin, c’était la Journée mondiale des réfugiés. C’est une journée internationale pour sensibiliser le public à la situation des réfugiés du monde. En Europe, nous avons vu ces images de réfugiés qui ont souvent vécu l’enfer dans leur pays d’origine ou dans leur voyage. Arrivés chez nous, ils sont loin d’être au paradis. Et que dire des enfants ? Le gouvernement belge voudrait à nouveau les enfermer. Des associations réagissent pour protéger ces enfants.


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On a souvent vu des images des migrants qui fuient la guerre et la misère. Des images de souffrances dans leur pays d’origine et pendant leur voyage vers l’Europe. Une fois arrivés, beaucoup d’entre eux sont traumatisés. Les hommes, les femmes… Et que dire des enfants ? Les enfants sont les plus fragiles, ils doivent donc être très protégés. Est-ce toujours le cas ?
Dans les enfants migrants, il y a les enfants MENA et les enfants qui sont avec leurs parents. Les MENA sont des mineurs qui sont arrivés seuls dans le pays d’accueil. En Belgique, les MENA sont accueillis dans des structures prévues spécialement pour eux. Par contre, les enfants avec leurs parents suivent évidemment leurs parents pendant l’examen de la demande d’asile. Mais il y a en principe une règle qui vaut pour tous les enfants : ils ne peuvent plus être enfermés dans un centre fermé. Cela pourrait changer.

Enfants traumatisés !

Avant 2010, certaines familles de migrants et leurs enfants étaient placés en centre fermé. Les conditions de vie dans un centre fermé ressemblent aux conditions de vie d’une prison. Cela traumatise les adultes, cela traumatise encore plus les enfants. Les enfants migrants ont eu une vie difficile et souvent subi des violences dans leur pays d’origine ou leur voyage pour fuir la guerre et la misère. Ils sont victimes d’une nouvelle violence quand ils sont enfermés en centre fermé.
Des études montrent que les enfants qui ont vécu et vivent en centre fermé ont plus de problèmes que des autres enfants : dépression, insomnie, automutilation, tentative de suicide. Même s’ils vont à l’école, ils ont beaucoup de difficultés dans l’apprentissage à cause des conditions de vie en centre fermé et ils ne peuvent pas jouer comme les autres enfants. Ces enfants ont donc souvent des retards de développement, des problèmes de santé mentale. Vivre en centre fermé est un nouveau traumatisme.

Enfants libérés ?

Des associations de défense des droits de l’homme et des associations de protection de l’enfance ont donc lutté pour que les familles de migrants avec enfants ne soient plus enfermées dans des centres. Et la Belgique a déjà été condamnée 3 fois par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir enfermé des enfants de migrants dans les centres fermés. Depuis fin 2009, on n’a donc plus enfermé d’enfants. Le gouvernement belge a trouvé une autre solution. On enferme des familles de migrants avec enfants dans des « maisons de retour ».
L’Office des étrangers enferme des familles avec enfants mineurs dans des « maisons de retour ». Ce sont des maisons unifamiliales. Elles ne se trouvent pas sur le terrain des centres fermés mais dans plusieurs communes de Belgique. Les familles vivent dans les maisons de retour avant d’être renvoyées dans leur pays d’origine. Dans les maisons de retour, les enfants peuvent sortir pour continuer à aller à l’école. Leurs parents peuvent sortir pour faire des courses, aller chez le médecin, etc. Mais un adulte de la famille doit toujours être dans la maison pour éviter que la famille ne s’enfuie.

Bientôt enfermés à nouveau ?

En 2015, 161 familles étaient enfermées dans les maisons de retour dont 328 enfants. Les maisons de retour sont plus humaines que les centres fermés. Les droits de l’homme et les droits de l’enfant sont mieux respectés. Les enfants vivent mieux et sont moins traumatisés. On ne connait pas encore exactement le projet du gouvernement belge mais on sait que ce serait une moins bonne solution que la situation actuelle. C’est donc un retour en arrière.
Les associations qui se battent pour que l’on respecte les droits des migrants et de leurs enfants réagissent donc à nouveau. Ces associations lancent donc une campagne pour lutter contre ce projet d’enfermer les enfants. Et elles le font simplement parce que tous les enfants doivent être traités comme des enfants. Tous les enfants doivent être libres, soignés et protégés, et avoir les mêmes droits. On n’enferme pas un enfant. POINT.

*Voir l’article Enfermer plutôt qu’accueillir

En savoir plus sur la campagne On n’enferme pas un enfant. POINT.

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Trouver plus d’informations sur la situation des enfants migrants

Le site général de la Plateforme Mineurs en exil


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